Pour situer, je bosse dans un service avec une majorité de collaboratrices, de tous âges, mais surtout du même âge que moi (28 ans, déjà, snif...). Bref, depuis plusieurs mois, j'en avais repéré une, V., qui me paraissait sympa, assez vive, pas le super canon mais elle avait quelque chose dans le regard.
Mars 2004, avec l'arrivée dans mon département d'une nouvelle collaboratrice (hélas pour moi elle avait un mec), je peux enfin faire la connaissance de V. Je peux ainsi confirmer mes premières impressions, même si en fait il apparait qu'on ne partage pas grand chose, mais parfois les opposés s'attirent, alors pourqoi pas. On en arrive à déjeuner souvent ensemble, on se voit en dehors du boulot avec sa collègue, juste pour prendre un pot mais sans plus. Surtout, je comprend aux discussions qu'elle est célibataire, en tous les cas rien de sérieux.
Juin 2004, les congés d'été arrivent, je ne vais prendre qu'une semaine de vacances, mais je veux que ce soit nickel. J'en parle un midi et annonce que je vais partir à Barcelone fin août, j'ai déjà le billet d'avion, j'ai plan pour un hotel sympa bien situé, et surprise, V. me précise qu'elle adorerait y aller. Nous décidons de partir à deux la dernière semaine d'août. Je suis naturellement ravi, je me dis que c'est enfin l'occasion de faire plus ample connaissance encore, et j'espère intérieurement qu'il va se passer quelque chose sous le soleil barcelonais.
De son coté, V. prend quelques jours avant mois, sur juillet et août. Moi, je bosse comme un acharné histoire de liquider pas mal de dossiers histoire d'être tranquille en rentrant.
Vient la date fatidique du départ., le vendredi 20 août 2004. Je suis super heureux, je me vois déjà là bas, je me fais plein d'idées. Nous arrivons sur place, l'hotel est bien, une chambre avec deux lits séparés que l'on peut coller. Vendredi soir, diner dans un resto très sympa (le Trobador), puis café au vieux port, enfin bière et sangria plaça Reial. Très bonne soirée, mais rien ne se passe. J'ai l'impression que V. est présente physiquement mais qu'elle a la tête ailleurs. Je me dis que c'est le premier soir, qu'on est peut être un peu crevé de la journée. On rentre à l'hôtel direction dodo. Rien.
Samedi matin, temps pas terrible, super chaud mais pas de soleil. Peu importe, petit dèj au café d'Annunzio (je n'aime pas manger le matin mais ils ont des croissants au chocolat fabuleux, et leur café glacé est parfait, de plus la proprio du café me reconnait, je suis venu tous les jours pendant une semaine l'été 2005). Puis, nous partons nous ballader pendant des heures dans la ville. Je sens un malaise, mais bon, je n'y prête pas trop attention, je suis tellement bien à Barcelone. Dans la journée, un crochet par l'hôtel, V. ne se sent pas très bien et souhaite prendre des cachets. Ok, je prend un pot plaça reial (l'hotel est juste à coté). Samedi soir, resto basque (le Txikiteo). Toujours rien (je vous passe mes tentatives d'approche foireuses).
Dimanche, temps pourri malgré les 32° extérieurs. Opération café, ballade, etc... Après midi, V. encore pas bien, je m'inquiète, elle me dit de ne pas m'inquiéter, ça doit être la bouffe un peu trop lourde, elle n'a pas l'habitude. Sans doute... Dimanche soir pas terrible, dodo à 23 h, j'y crois même pas !
Lundi, temps toujours aussi dégueulasse, l'ambiance se corse, elle n'a pas envie de faire grand chose, elle veut sortir se ballader, mais ne propose rien. Je joue donc les guide de fortune mais cela semble ne pas lui plaire, en fait rien ne lui plait vraiment. Je prends sur moi, les vacances sont en train de partir en live, je le sens, mais je maitrise tant bien que mal. Après midi, surprise : crochet par l'hotel, toujours pas bien (limite à heure fixe en fait), elle veut se reposer. Ok, c'est un peu beaucoup ppour moi, je pars me prendre un litre d'estrella plaça reial pour me calmer, avec mon lecteur (manque de bol, j'ai pris qu'un 128 Mo avec un seul album absolument déprimant, tant pis, je ferai avec). Fin de journée, je fais comme si tout allait bien. Je l'invite au resto, puis quelques shots dans un bar. Soirée pas trop mal.
Mardi matin, temps toujours aussi pourri. Petit dej au café d'Annunzio, mais juste un café, j'ai l'estomac en vrac (comme maintenant en écrivant cette aventure d'ailleurs...). Là, surprise, elle m'annonce qu'elle a quelque chose à me dire. Je suis tout ouïe. Ellle hésite, elle pense que cela va m'énerver. Ca commence mal... Elle m'expose la situation : elle voit quelqu'un depuis quelques temps, un certain B. (le café passe difficilement tout à coup...), elle pense beaucoup à lui (gloups), elle l'a eu au téléphone plusieurs fois depuis notre arrivée (re gloups, je comprends tout à coup pourquoi à heure fixe elle retournait à l'hotel) et le coup de grâce, elle souhaite le rejoindre ... dés le lendemain (le café ne passe plus du tout, par contre mon paquet de cloque va mourir en un temps record et moi avec je pense). Et là, je me retrouve avec le visage le plus idiot qui soit, j'ai l'air con d'une puissance inégalée. Elle s'excuse, mais sans avoir vraiment l'air gênée. Ok, dont acte.
Changement de décord, il me faut un thé glacé du café Mares en urgence. On a pas grand chose à se dire. Surprenant. Maintenant, faut négocier la modif de son billet d'avion easyjet. Là c'est le coup fatal, je prends vraiment conscience de la situation. Et je suis plutôt calme comme garçon, mais là, c'est trop. Je n'ai plus du tout de patience, mais alors aucune. On va dans un café internet, on tente de voir comment modifier le billet. Je vous passe les détails, mais impossible de modifier le vol, juste un avoir partiel pour un futur trajet. Mission 2 : qu'elle puisse rejoindre B. J'ai pris acte que la semaine partait complètement en vrille. Je pête un cable. En fait, j'en ai raz le bol, je n'ai plus qu'une envie, qu'elle se foute le camps à la vitesse de la lumière. Je l'enmène vite fait à la gare routière, je lui trouve un billet pour Perpignan. De là, elle prendre le train pour rejoindre le naze.
Mercredi matin, levé à 5 heures du mat pour qu'elle prenne son bus. Je suis crevé mais c'est décidé,je veux la voir partir, et vite maintenant. Bizarre, le soleil se montre. 7h30, ça y est, le bus démarre.
Grand moment de solitude tout à coup. Je suis seul à Barcelone, l'hotel est réservé jusqu'au samedi suivant. Je rentre à l'hotel, je demande à changer de chambre. Début d'après midi, après quelques heures de marche, il fait toujours super beau, incroyable ! Je vais à la plage, je prends une bière, puis deux, trois, etc... Je me retrouve complètement bourré, je m'endore sur la plage. Je me reveil tout rouge (coup de soleil). J'ai mal au bide, je suis peinté et contrarié.
Les jours suivants, re temps pourri, chaud mais de la pluie. Je n'ai personne à qui parler, je n'ai pas envie de grand chose, sauf de picoler, dépenser des tunes dans des conneries (fringues, cd essentiellement).
Samedi matin, je règle l'hotel, je fonce à l'aeroport. J'arrive à Orly, je pense prendre un taxi. Je tire de l'argent : refusé, j'ai trop dépensé, j'ai plus un rond. Je prend le bus. Je rentre chez mois, je reste sur mon balcon à contempler la Seine comme un con.
Je reprends le boulot le lundi, j'en ai mal au bide rien qu'à l'idée de la revoir. Tant pis, je ne peux pas en faire état. Je fais mine de rien.
Cela fait maintenant plus d'un an que c'est arrivé, je bosse toujours avec V dans les parages. On déjeune même ensemble, j'ai déjà vue B. à une soirée organisée par une autre collaboratrice. Mais je n'oubli pas, ça m'énnerve encore un peu. Je me demande mêmece que j'ai pu lui trouver, car à bien y réfléchir, je ne me serai jamais vu vivre avec elle.
J'en tire une bonne leçon : interdiction formelle de tenter de sortir avec une personne du bureau, c'est trop galère à gérer. Une bonne nouvelle tout de même : V. attend d'être mutée prochainement dans une agence de province, proche de B. Tant mieux !
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